Histoire
02 février 2026
Djibouti franchit une étape historique : validation nationale et dépôt du tout premier dossier de nomination au Patrimoine mondial de l’UNESCO avec le site d’art rupestre d’Abourma
La République de Djibouti a franchi une étape majeure dans la reconnaissance de son patrimoine culturel matériel avec la validation nationale et le dépôt officiel de son tout premier dossier de proposition d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, portant sur le site d’art rupestre d’Abourma.Cette avancée est l’aboutissement d’un processus national structuré, scientifique et participatif, conduit sous le leadership des autorités djiboutiennes, avec l’accompagnement technique et méthodologique de l’UNESCO à travers le Centre du patrimoine mondial et ses programmes dédiés au renforcement des capacités des États africains. Une validation nationale fondée sur l’expertise et la concertationEn amont du dépôt officiel, un atelier national de validation scientifique et institutionnelle s’est tenu à Djibouti, réunissant les autorités nationales compétentes, des experts nationaux et internationaux, les institutions concernées ainsi que les parties prenantes locales.Cet atelier a permis de consolider collectivement le contenu du dossier, d’en valider les fondements scientifiques, juridiques et de gouvernance, et d’assurer son alignement avec les exigences de la Convention du patrimoine mondial de 1972.À l’issue de ce processus national, agissant au nom de la République de Djibouti, S.E.M. Ayeid Mousseid Yahya, Ambassadeur de Djibouti en France et Délégué permanent auprès de l’UNESCO, a procédé le 29 janvier 2026 au dépôt officiel du dossier de candidature du site d’art rupestre d’Abourma auprès du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, représenté par M. Lazare Eloundou Assomo, Directeur du Centre du patrimoine mondial. Une démarche inscrite dans les priorités nationales et les cadres internationauxCette candidature s’inscrit dans les priorités nationales de la République de Djibouti en matière de protection, de valorisation et de transmission du patrimoine culturel, en cohérence avec les principes et les obligations de la Convention du patrimoine mondial de 1972.Elle a été conduite par le Ministère de la Jeunesse et de la Culture, sous l’autorité de S.E. Dr Hibo Moumin Assoweh, dans une approche intégrée visant à renforcer le rôle du patrimoine culturel comme levier de développement durable, de cohésion sociale et d’appropriation par les communautés.Dans cette perspective, le processus engagé autour du site d’Abourma s’inscrit également dans une réflexion plus large sur l’intégration progressive du patrimoine et du tourisme culturel durable au sein des cadres nationaux de planification, notamment dans le contexte de l’élaboration du Plan national de développement 2025–2030, qui met l’accent sur la diversification économique, le développement territorial équilibré et la valorisation durable des ressources culturelles et naturelles.Un accompagnement structurant de l’UNESCOLa République de Djibouti a bénéficié d’un accompagnement technique et méthodologique structurant de l’UNESCO tout au long du processus de préparation de sa première candidature au Patrimoine mondial.À travers le Centre du patrimoine mondial et le programme Créer un avenir pour le patrimoine mondial en Afrique, l’UNESCO a soutenu les autorités nationales dans la structuration scientifique du dossier, son alignement avec les normes internationales de conservation, de protection et de gestion du patrimoine, ainsi que dans le renforcement des capacités nationales et territoriales en matière de gouvernance des sites patrimoniaux.Cet accompagnement a permis de consolider une approche rigoureuse, participative et durable, plaçant les communautés locales au cœur du dispositif de sauvegarde et inscrivant le site d’Abourma dans une vision de long terme, où le patrimoine contribue à la transmission de valeurs universelles, à la cohésion sociale et au développement territorial.Les contributions financières et techniques du Japon, du Royaume d’Arabie Saoudite, de la France et du Fonds du patrimoine mondial ont été particulièrement précieuses pour soutenir cet accompagnement et renforcer les capacités nationales, dans un cadre coordonné par les mécanismes de l’UNESCO. Une expertise nationale mobiliséeLe dossier de candidature repose sur les travaux de chercheurs djiboutiens, l’implication de la Commission nationale du patrimoine culturel, ainsi que sur une collaboration étroite entre experts nationaux et experts internationaux.Ce travail collectif a permis un inventaire rigoureux, documenté et scientifiquement validé des ensembles d’art rupestre néolithique du massif du Makarassou et du site d’Abourma, témoignant d’une occupation humaine ancienne et d’une valeur patrimoniale exceptionnelle. Une gouvernance territoriale et communautaire renforcéeLe processus a associé étroitement les autorités locales, le Ministère délégué chargé de la Décentralisation, ainsi que les collectivités territoriales concernées.L’installation officielle du Comité local de gestion du site d’art rupestre d’Abourma, dans la région de Tadjourah, constitue une étape structurante, plaçant les communautés locales au cœur des dispositifs de protection, de gestion, de valorisation et de transmission du site.À travers la validation nationale du dossier et son dépôt officiel auprès de l’UNESCO, la République de Djibouti affirme sa volonté de préserver durablement son patrimoine culturel, de renforcer sa contribution à l’histoire universelle de l’humanité, et de faire de la culture un pilier stratégique de développement durable, de cohésion sociale et de paix.