Djibouti engage une démarche ambitieuse pour une intelligence artificielle éthique, inclusive et souveraine
Processus d'élaboration de la Stratégie Nationale de l'intelligence artificielle à Djibouti
Et si l’intelligence artificielle devenait un outil concret pour améliorer la vie quotidienne, renforcer les services publics, créer des emplois et offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse ?
C’est autour de cette vision du développement profondément humaine que s’est ouvert à Djibouti un processus structurant combinant une phase diagnostique nationale et l’élaboration de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA), à travers un atelier national multi acteurs.
Réunissant institutions publiques, partenaires internationaux, experts nationaux, jeunes innovateurs, acteurs du secteur privé et représentants de la société civile, cet atelier marque une étape importante dans la réflexion collective engagée par le pays sur son avenir numérique.
Un engagement politique fort au plus haut niveau
À l’ouverture de l’atelier, Madame Mariam Hamadou Ali, Ministre déléguée chargée de l’Économie numérique et de l’Innovation, a pris la parole pour réaffirmer l’engagement clair du Gouvernement djiboutien en faveur d’une intelligence artificielle responsable, inclusive et alignée sur les priorités nationales de développement. Elle a souligné la volonté des autorités de faire de l’IA un levier de modernisation, d’innovation et de création d’opportunités, tout en veillant à la protection des citoyens et au respect des valeurs éthiques.
Prenant également la parole, le Coordonnateur résident du Système des Nations Unies à Djibouti, José Barahona, a rappelé que derrière les technologies et les algorithmes, ce sont avant tout des femmes, des hommes et des communautés qui sont concernés. Il a salué le leadership du MDENI ainsi que l’appui technique de l’UNESCO et de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (ESCWA) dans ce processus stratégique.
Partager les connaissances, poser les bases
Le cœur de l’atelier a été consacré au partage d’analyses et d’outils concrets. L’ESCWA a ouvert la séquence technique avec une présentation sur l’intelligence artificielle, ses opportunités, mais aussi les défis qu’elle pose aux États, notamment en matière de gouvernance, d’infrastructures, de compétences et de protection des données.
L’UNESCO a présenté la Méthodologie d’évaluation de la préparation à l’IA (RAM – Readiness Assessment Methodology), qui constitue la base diagnostique nationale du processus. Cette méthodologie permet d’évaluer de manière structurée le niveau de préparation du pays à l’adoption de l’IA, sur les plans institutionnel, juridique, technique et sociétal.
Les résultats de cette évaluation constituent le socle analytique sur lequel s’appuie l’élaboration de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle, afin de garantir une approche réaliste, adaptée aux capacités nationales et alignée sur les priorités de développement de Djibouti.
Dans la continuité, la proposition initiale de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle a été présentée, posant les premiers jalons d’une vision djiboutienne de l’IA, ancrée dans les réalités locales et les priorités de développement du pays.
Donner la parole aux experts… et à la jeunesse
L’atelier s’est ensuite transformé en un véritable espace de dialogue et d’échanges. Experts nationaux, professionnels du numérique, représentants des institutions, mais aussi jeunes participants ont partagé leurs analyses, leurs attentes et leurs préoccupations. Les discussions ont permis d’enrichir la proposition initiale, de questionner certaines orientations et de proposer des pistes concrètes pour renforcer l’impact et la faisabilité de la future stratégie.
Les avis, recommandations et contributions recueillis auprès du public, notamment des experts et des jeunes, joueront un rôle central dans la suite du processus. Ils viendront alimenter l’élaboration de la version finale de la Stratégie nationale de l’IA, afin de garantir qu’elle soit non seulement techniquement solide, mais aussi comprise, appropriée et portée par l’ensemble des acteurs nationaux.
Faire de l’IA un projet humain
L’ambition de Djibouti est claire : se doter d’une stratégie crédible, inclusive, souveraine et immédiatement opérationnelle, alignée sur la Vision Djibouti 2035, le Plan de développement 2025–2030 et le Cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable 2025–2030.
En conclusion de son discours, José Barahona a rappelé un message fort, à travers les mots du Secrétaire général des Nations Unies : « Nous ne devons jamais permettre que l’intelligence artificielle devienne synonyme d’accroissement des inégalités. »
À Djibouti, cette conviction guide un processus collectif où l’intelligence artificielle n’est pas envisagée comme une fin en soi, mais comme un outil au service des personnes, de la solidarité et du progrès partagé.